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L'urgence d'une action collective face à la transition énergétique immobilière

Le DPE 2025 n'est pas qu'une date, c'est un signal d'alarme. L'heure n'est plus à l'attente passive des propriétaires, mais à une mobilisation générale et coordonnée. Seule une action collective, impliquant l'État, les collectivités, le secteur financier, les professionnels et les citoyens, permettra de relever ce défi colossal et de transformer nos "passoires thermiques" en logements confortables et économes en énergie.
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L'année 2025 approche à grands pas et avec elle, une nouvelle échéance cruciale pour le marché immobilier français : l'interdiction de louer les logements classés F au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). L'article de Forbes.fr met en lumière l'ampleur de ce défi et insiste sur la nécessité d'une action collective immédiate, loin de l'attentisme qui a prévalu jusqu'à présent.
Le contexte : Des millions de logements concernés par la "passoire thermique"
Les chiffres sont éloquents et inquiétants : plus de 5,2 millions de logements en France sont considérés comme des "passoires thermiques" (classes F et G). Parmi eux, environ 2,1 millions sont des résidences principales classées F. Ces logements, majoritairement occupés par des ménages modestes, sont non seulement énergivores mais aussi source de précarité énergétique. L'interdiction de location des DPE G est déjà en vigueur depuis 2023, et celle des DPE F en 2025 va créer un séisme sur le marché si aucune mesure significative n'est prise.
Les enjeux multiples de la rénovation
La rénovation énergétique n'est pas qu'une question de mise aux normes ; elle répond à des enjeux majeurs :
  • Environnemental : Réduire les émissions de carbone du secteur du bâtiment, un contributeur majeur aux gaz à effet de serre.
  • Social : Lutter contre la précarité énergétique et améliorer le confort de vie des occupants.
  • Économique : Stimuler l'économie locale et créer des emplois dans le bâtiment et les services associés.
  • Patrimonial : Préserver la valeur des biens immobiliers et éviter leur dévalorisation due à une mauvaise performance énergétique.
Pourquoi l'action collective est indispensable ?
L'article de Forbes insiste sur le fait que la complexité et l'ampleur de la tâche dépassent les capacités individuelles. L'attentisme a conduit à un retard considérable, et la mobilisation de tous les acteurs est désormais impérative :
  • Les propriétaires : Ils sont au cœur de la démarche, mais beaucoup sont confrontés à des freins (coût des travaux, complexité administrative, manque d'informations fiables). La peur de ne pas récupérer l'investissement ou de ne pas trouver les bonnes entreprises est réelle.
  • Les collectivités territoriales : Elles ont un rôle de facilitateur essentiel. Elles peuvent identifier les zones à forte concentration de passoires thermiques, conseiller les habitants, accompagner les projets de rénovation (guichets uniques), et même mobiliser des financements locaux. Leur connaissance du terrain est inestimable.
  • Les banques et assureurs : Le financement des travaux est un enjeu majeur. Les banques peuvent proposer des prêts attractifs et des mécanismes d'accompagnement. Les assureurs, quant à eux, ont un rôle à jouer dans la couverture des risques liés aux travaux et dans la promotion de solutions durables. Ils peuvent aussi intégrer la performance énergétique dans leurs offres de produits.
  • Les professionnels du bâtiment : Artisans RGE (Reconnus Garants de l'Environnement), architectes, bureaux d'études... Ils sont les chevilles ouvrières des rénovations. Il est crucial de former et de qualifier davantage de professionnels pour répondre à la demande croissante.
  • L'État et les institutions publiques : Leur rôle est de fixer un cadre clair, de simplifier les dispositifs d'aides (MaPrimeRénov'), de garantir la fiabilité des DPE et d'impulser une dynamique nationale.
Les obstacles et les solutions proposées
L'article souligne que la simple incitation financière n'est pas suffisante. Il faut lever des freins plus profonds :
  • Le manque d'informations claires : Créer des outils simples et accessibles pour comprendre les DPE, les aides et les étapes de la rénovation.
  • La complexité administrative : Simplifier les démarches pour les propriétaires.
  • Le "reste à charge" : Développer des mécanismes de financement innovants et accessibles.
  • La confiance : Lutter contre la fraude et les travaux mal réalisés pour restaurer la confiance des propriétaires.
Vers une "Alliance de la Rénovation"
L'auteur appelle à la création d'une véritable "Alliance de la Rénovation" où tous ces acteurs travailleraient de concert. Cette approche intégrée permettrait d'optimiser les ressources, de partager les bonnes pratiques et de créer une dynamique positive. Il s'agit de transformer la contrainte réglementaire en une opportunité de créer de la valeur, du confort et un impact environnemental positif.
En conclusion
Le DPE 2025 n'est pas qu'une date, c'est un signal d'alarme. L'heure n'est plus à l'attente passive des propriétaires, mais à une mobilisation générale et coordonnée. Seule une action collective, impliquant l'État, les collectivités, le secteur financier, les professionnels et les citoyens, permettra de relever ce défi colossal et de transformer nos "passoires thermiques" en logements confortables et économes en énergie.